Pêches du bord en période de crue

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L’automne, saison des bons crus !

Pour un pêcheur aux leurres ordinaire qui admire, contemplatif, le pêcheur en bass-boat ou bien l’aventurier en float-tube qui explore des zones inaccessibles du bord, il est une saison qui permet de rebattre les cartes. Plus qu’une saison, c’est surtout le moment ou les pluies tant attendues font leur grand retour. Et à cet instant,en période de crue tous les pêcheurs se retrouvent sur un pied d’égalité.

Après plusieurs jours de pluie, la rivière en crue change de visage.

Après plusieurs jours de pluie, la rivière en crue change de visage.

Crue et espoir

Cela fait plusieurs saisons que je guette avec intérêt ? Angoisse ?? Excitation !? Un peu des trois je crois… Bref, je guette les niveaux. Internet et ses stations hydrométriques sont très pratiques pour le pêcheur du 3ème millénaire. Pratique aussi quand on n’habite pas au pied de la dite rivière (ça c’est encore mieux mais nous ne sommes pas beaucoup à pouvoir en jouir).

Exemple de relevé que l’on peut trouver sur internet :

Bon cela parait évident au premier coup d’oeil mais quand même quelques précisions. Trois phases bien visibles et surtout d’après ma modeste expérience, des espèces différentes dehors en fonction du moment de la crue.

Sur l’exemple on voit à peu près 6 jours avant le retour à la normale. Il est de « connaissance commune » que les premiers instants de la crue sont souvent propices à la recherche du sandre ; même s’il m’est déjà arrivé de toucher des poissons un peu plus tard après le début de la crue, voire même bien après le pic.

Autre phénomène intéressant, il n’est pas rare (même fréquent) de toucher davantage Sir Esox lors de la phase descendante, plusieurs jours après l’amorce de la décrue. Dans ces cas là attention à vos bas de ligne ! Etant donné la couleur des eaux, je dirai qu’il serait stupide (même pour la traque de nos chers percidés) de s’abstenir d’un bas de ligne « acier » (on en trouve des très bons, discrets et souples dans le commerce dorénavant).

Esox de fin de crue qui m'a fait croire au sandre !

Esox de fin de crue qui m’a fait croire au sandre !

Annecdote

Et comme nous sommes à la pêche et non pas dans une science exacte, il peut vous arriver une bonne surprise comme ce qui m’est arrivé l’année dernière.

Sur une entrée de canal, seule zone calme proche du courant principal, un gros remous s’est formé. La berge boisée de buissons a été élaguée dernièrement et celle-ci ainsi que le fond se retrouvent jonchés de branches mortes. Ne me demandez pas comment mon leurre ne s’est pas accroché, encore une fois je dirai la chance. Toujours est-il qu’à peine après avoir pris contact avec le fond, je sens un gros toc dans la bannière.

Après avoir ferré énergiquement, je me retrouve attelé à un poisson à la défense pataude…

Je penche pour un « broc », il n’en est rien. La dite surprise crève la surface…

48cm de vieillesse.

48cm de vieillesse.

Une rencontre improbable avec un poisson âgé qui a su déjouer nombre de pièges, un cadeau de la rivière. Voilà ce que peut vous réserver l’une de ces crues…

Un "petit pan" de l'histoire de la rivière...

Un « petit pan » de l’histoire de la rivière…

Les postes en période de crues

Au niveau des postes à occuper en priorité, entrées et sorties de canaux sont des grands classiques. De manière générale tous les remous jusqu’aux plus discrets, peuvent vous apporter quelque chose.

La rivière en crue déborde dans le canal, une multitude de postes à peigner.

La rivière en crue déborde dans le canal, une multitude de postes à peigner.

Quand le niveau de la crue est vraiment fort, j’aime également pêcher les parties inondées. Celles situées non loin d’une fosse ont ma préférence et hormis les grosses brêmes que l’on peut harponner par accident (pardon, pardon…), silures et gros sandres rôdent dans les parages. Sur ce type de postes, je préfère y être tôt le matin.

Un autre grand classique : la prairie inondée.

Certains postes très fréquentés par les locaux (trop ?), ne recèlent plus que des poissons de taille modeste ou bien des poissons très éduqués. N’hésitez pas à tenter de nouvelles choses, laissez ces postes aux autres et appliquez-vous à trouver autre chose, ailleurs. Le jeu en vaut parfois la chandelle ! Il suffit parfois d’explorer la « pampa », la marche (et géoportail) sont les meilleurs alliés du sauve bredouille.

Et bien souvent sur tous ces postes, en particulier dans les remous ou contre-courants, on y rencontre des poissons blancs apeurés, regroupés, gage que l’endroit est forcément fréquenté par les carnassiers que nous traquons. Seul problème : l’activité des poissons. Car même si la crue est pourvoyeuse de touches, certaines périodes de la journée sont meilleures que d’autres.

Quand pêcher la crue ?

Comme je le disais plus haut, j’aime certains endroits tôt le matin et d’autres en fin d’après midi. Même à la fin de l’automne, lorsque les jours sont très courts, le coup du soir peut vous sauver la mise. N’oubliez pas non plus le fameux « coup du midi », lorsque le froid s’intensifie, le moindre rayon de soleil peut déclencher l’activité des carnassiers.

Le fameux sandre de 16h20 !

Le fameux sandre de 16h20 !

Et le matériel dans tout cas ?

Je vais vraiment essayer de faire simple et tant pis si je tord le cou à beaucoup d’idées reçues. Pour ma part j’utilise essentiellement des LS.

Je ne vais pas vous indiquer quel est le meilleur leurre pour moi (c’est déjà purement subjectif) car je crois que le principal est vraiment de croire en ce dernier. Chacun ses préférences et croyez en votre choix.

Des grands classiques tout de même : One up Shad, Turbo Shad, Sanec, Sandra, Bubbling shad… Tout cela dans des tailles allant de 7/8cm à 12/13cm (4″, 5″ et 6″). Voici pour moi le genre de boite idéale comprenant un des leurres précédemment mentionnés en plusieurs coloris.

Ma boite à Leurres souples type.

Ma boite à Leurres souples type.

J’utilise en général deux boites de cette taille, quand on marche beaucoup, on finit par se charger moins ! Principaux coloris : du naturel (tout de même), du flashy (qui se voit bien), du blanc, du noir et surtout le jaune…

Pour la plombée c’est en général des têtes plombées rondes entre 7 et 10 grammes voire plus pour les leurres de 12cm. D’autres formes sont parfois intéressantes mais là encore j’aime les choses simples. Les TP décorées (ça fait vraiment « old school »…) sont pertinentes pour ajouter une couleur de plus au leurre ou au contraire s’uniformiser avec lui.

Avant dernier point, la canne et le moulinet. Si vous optez pour le « spinning », 2m10 à 2m40 semble être un compromis idéal. Puissance entre 10/30g et 15/40g. Le jour où vous toucherez un petit silure énervé, vous serez contents d’avoir de la réserve ! Personnellement ma préférence va pour le « casting » : canne de 2m à 2m10 (6″5 à 7″), puissance MH (7/28g). Avec ce matériel moins de fatigue et surtout un contact plus direct avec la bannière et une animation « minimaliste » facilitée.

Pour ce qui est de l’animation, encore une fois : la simplicité.

Je me souviens de ce que je lisais étant gamin sur les animations saccadées ressemblant à celle d’un poisson mort… De mon côté je préfère essayer de décoller le LS du fond en mettant un simple coup de manivelle de temps à autre. Puis attendre quelques secondes la reprise de contact et recommencer. Deuxième possibilité : essayer de raser le fond en récupération linéaire. On est là aussi obliger de s’arrêter par moments pour se situer par rapport au fond. Les touches peuvent parfois être déclenchées par ce type d’animation plus rapide que la première. Au final, on ne peut pas faire plus simple.

La dernière chose est l’importance du corps de ligne. Pour la majorité, la tresse est évidente mais si comme moi le bruit de cette « ficelle » dans les anneaux vous agace fortement, d’autant plus quand vous êtes attelé à un poisson, le nylon reste possible.

Je vais m’attirer les foudres des « spécialistes » mais je déteste les vérités que l’on doit forcément appliquer partout, surtout à la pêche.

Alors oui, on sent moins bien le fond, il y a une multitude d’arguments qui vont dans le sens de l’utilisation de la tresse. Mais étant partisan du « j’aime mon matériel et je le garde », je crois que quand on connait bien son ensemble canne/moulinet et les lieux où l’on pêche, ça n’a plus d’importance. Je pêche donc avec un nylon compris entre 24 et 30/100ème suivant les situations.

La chance et la persévérance

Cette pêche telle que je la pratique pourrait en dégoûter plus d’un. Comme toujours à la pêche, un des Maîtres Mots est patience. Insister toujours, être sûr de son « coin ». Tôt ou tard cette obstination finira par payer. Il est évident que les poissons ne seront pas présents à chaque sortie, si tel est le cas c’est que vous êtes très bons et tant mieux pour vous ou encore que votre secteur est payant. Là aussi, profitez-en.

Sandre de crue pris sur un ultime lancer après une journée de pêche...

Sandre de crue pris sur un ultime lancer après une journée de pêche…

Personnellement, n’ayant pas toujours autant de temps que je le voudrais pour pêcher, je parviens à faire quelques poissons par automne en suivant ces grandes règles. C’est sûr, on est loin des quantités de beaux poissons que l’on peut voir ici ou là sur certains blogs mais Bon Dieu qu’ils ont de la valeur nos poissons !!

Enfin n’oubliez pas qu’un poisson se prend sur un lancer (celle là, j’ai mis 6 mois pour la trouver… ).

Il est parfois dur de rester concentré quand cela fait plusieurs heures que nous lançons sans que rien ne se passe mais pensez à la récompense qui vous attendra tôt ou tard… Allez, encore un lancer… Le dernier, hein ??

écrit par Romain

Pratiquant en Franche Comté, c'est la truite qui m'a mis le pied à l'étrier. Je reste un mordu de Dame Fario mais apprécie énormément la pêche de tous les carnassiers avec une préférence pour les percidés. J'aime également me frotter aux poissons blancs à l'anglaise ou aux leurres.

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5 réponses à "Pêches du bord en période de crue"

  1. PSK90 says:

    Merci pour ce super article,qui résume bien la pêche en crue.
    Surtout ne pas croire ne pas croire que les poissons vont ce jeter sur tous ce qui bouge,même si cela arrive des fois.
    A+ un compatriote Franc Comtois.

    Répondre
  2. joel ('salmo') says:

    j’aime bien ton article.

    moi aussi je préfère le nylon et je m’en fout de ce qu’en pense les autres.
    et l’animation toute simple, laisser descendre puis ramener doucement, sans en faire trop, j’aime bien.

    Répondre
  3. Joss says:

    Super article à l’approche très intéressante ! Et que dire de cette superbe 48′ de rivière, juste magnifique.

    ça y est mes vieux démons de pêche en verticale dans l’eau cacao frappent à ma porte ! ;)

    Répondre
  4. vicking38 says:

    trés belle naration, j’ai passé un trop beau moment …merci

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