Pêcher sous contraintes

Pêcher sous contraintes

Il faut comprendre ici la contrainte comme une « obligation librement choisie. » Il ne s’agit donc ni d’une gêne, ni d’une restriction exercé par quelqu’un ou quelque chose, mais bien, comme le défini le le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales du CNRS :

Faire volontairement un effort sur soi pour adopter une attitude ou accomplir une action.

J’ai tenté d’exprimer les raisons qui poussent à pêcher, dans une époque post-viandage, dans un précédent article La pêche n’est que la sublimation d’un instinct.

Ici, je vais m’attaquer à un cas pratique illustré par mes trois dernières sorties. Les contraintes que je me suis imposées sont : pêcher le sandre, au leurre souple, en canal.

Il s’agit de trois sorties de deux heures, sur trois lieux différents.

Pêcher le sandre au leurre souples en canal

Pêcher le sandre au leurre souple en canal

Pourquoi pêcher avec contraintes ?

Tant que j’ai ignoré leur existence, je me suis perdue en flâneries, j’ai suivi des égarés, erré entre la crasse et le faux pittoresque

Régine Detambel, écrivaine, s’exprime au sujet de l’écriture sous les contraintes : « Les consignes et les contraintes sont des règles, du jeu dit-on souvent, et, sur l’innocence du jeu, on se trompe. Tant que j’ai ignoré leur existence, je me suis perdue en flâneries, j’ai suivi des égarés, erré entre la crasse et le faux pittoresque, voulu me composer une langue à moi, alors que je ne maîtrisais aucun des procédés anciens. Si j’ai acquis une langue et un ton, c’est en cultivant la contrainte. »

Il est bien sûr facile de faire le parallèle avec la pêche.

Pourquoi le sandre au leurre souple en canal ?

Tout a commencé lorsque j’ai pris un sandre par hasard. Mon premier en fait. L’envie de le chercher spécifiquement m’a traversé l’esprit. Au leurre souple, tout simplement car c’est le leurre de prédilection. Au canal, car il passe prêt de chez moi et que les poissons que j’arrive à y faire ont une saveur particulière (ndlr : ça doit être le PCB !).

D’ailleurs, combien de fois n’ai-je pas entendu de la part de pêcheurs qui posent 4 lignes (au moins), tout les week-end, toujours au même endroit : « Y’a plus de sandres, l’année prochaine je ne reprendrai pas le permis, c’est de l’argent gâché »…

Sandre au leurre souple

Sandre au leurre souple

Action de pêche

La saison automnale est sans doute le meilleur moment pour commencer la pêche du sandre. Dès les premiers coup de froid, le sandre cherche à se nourrir plusieurs fois par jour. La probabilité de tomber sur un spécimen mordeur est donc plus élevé qu’au cœur de l’été.

Pour autant, le sandre est loin d’être kamikaze.

La présentation du leurre et plus particulièrement son grammage est d’une importance considérable. En effet, sauf en linéaire, le sandre tape généralement le leurre à la descente. Il est donc très important qu’à ce moment le leurre est une nage alléchante.

Sandre au leurre souple en canal

Au levé et couché du jour, le sandre actif répondra bien en linéaire dans ses zones de chasse.

En journée, c’est sur sa zone de repos, en animant  en « dents de scie » à proximité du fond que le sandre devrait être séduit. Ou tout du moins agacé par la présence de cet intrus !

Sandre au leurre souple en canal

Pour le choix des leurres souples, j’ai utilisé des leurres de type shad. Pour la pêche en linéaire, j’utilise le Swim impact fat de Keitech. Pour une pêche plus lente à proximité du fond le Method Shad d’Illex. En couleur chartreuse / vert. Ceci dit de nombreux leurres de type shad ou grub peuvent convenir pour ce type d’animation, dans des coloris de base : blanc, chartreuse, foncé.

Pour pêcher le sandre, il ne faut pas avoir peur d’utiliser de belles bouchées.

Un leurre de près de 5″ n’empêche pas de prendre des poissons non-maillés :

Petit sandre au leurre souple en canal

Cependant, avec la même taille, vous pourrez avoir la surprise de décider un beau sandre :

Beau sandre au leurre souple en canal

J’ai réussi à faire du sandre sur ces trois sorties. Mon objectif est rempli, la météo a sans doute aidée.

Je dois dire que revenir d’une partie de pêche où l’on a réussi à pêcher celui que l’on cherchait procure un sentiment particulier, celui de la rencontre. Cela rend chaque poisson inoubliable. Je ne peux que vous inciter à pratiquer ainsi.

Vous l’aurez constaté, je n’ai pas réussi à pêcher de spécimen (plus de 80cm, voir plus du mètre !).

Chaque chose en son temps. Je n’en ai pas fini dans la pratique de la pêche du sandre au leurre souple, au contraire, ce n’est que le début et je compte bien réussir à faire quelques gros poissons. Tout du moins, je m’attacherai à les chercher spécifiquement !

Il n’y a pas de hasards, il n’y a que des rendez-vous. (Paul Eluard)

A bientôt ;)

écrit par Jonathan

Je pratique la pêche des carnassiers, du bord, dans les cours d'eau d'Ile-de-France. J'ai un faible pour la pêche des percidés aux leurres souples. Même si, de temps à autre, la traque des chevesnes aux poissons-nageurs n'est pas pour me déplaire. Initié à la pêche par Jérôme en 2010, je n'hésite pas a lui rendre visite en Bourgogne pour essayer de leurrer quelques truites.

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6 réponses à "Pêcher sous contraintes"

  1. PeterPan972 says:

    Bien joué Djo ;) comme je te l’ai dit par ailleurs j’adore cette vision de la pêche… J’en ai fait récemment l’expérience et j’ai trouvé ce que je cherchais un joli broc en canal… quelle satisfaction… pas besoin de 10000 leurres… tu choisis un ou deux tu prospectes tu prends ton temps tu corriges et au final tu strike…

    Bravo pour ce bel article ;)

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  2. Joss says:

    Tu cartonnes en ce moment dis donc ! ;) Petite question technique, peux-tu nous donner la ref de la tête plombée, elle m’a tapé dans l’oeil… Cimer !

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    • Jonathan says:

      Salut Joss’, un peu de temps pour répondre, car je n’avais plus la référence sous la main ! C’est des têtes plombées réalisées à partir de hameçons Jig O’Shaugnessy 9131 Hi Carbon (VMC). Peux-être un peu fort de fer, mais la forme permet un ferrage optimal, sans utilisation de triple voleur.

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  3. francis says:

    bien l article et photos par contre parle en taille française le pouce n existe pas ce sont des centimetres .reste français no kill veux dire relacher à utiliser comme mot
    merci pour notre culture

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    • Jérôme says:

      Bonjour. Le respect de la langue Française ( je suppose que vous parlez de ça ) commence par l’utilisation d’une juste syntaxe et d’une ponctuation respectée au mieux. Merci d’en prendre note avant de vouloir donner des leçons… Et puisque vous parlez de culture, sachez qu’il n’y a pas de véritable culture Française de la peche aux leurres ( par logique conventionnelle nous utilisons simplement les tailles inscrites sur les emballages des produits ) et nous pouvons encore moins nous vanter d’avoir une culture respectueuse du poisson. Ces principes nous viennent d’ailleurs et nous les respectons tels qu’ils sont sans vouloir les insulter d’une francisation abusive et ridicule. Nous vivons l’air de la mondialisation pour le meilleur et pour le pire.

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