Pêche en Colombie Britannique : nous revoilà!

Pêche en Colombie Britannique : nous revoilà!

Un soir, en conversation devant Skype avec mon cousin David, une décision vient d’être prise : il faut que je retourne le voir à Vancouver! Le rêve canadien reprend et m’envahi au plus profond de mes pensées(http://www.naturellement-peche.info/peche-du-saumon/peche-du-saumon-au-canada-colombie-britannique). Je commence à en parler autour de moi pour savoir qui voudrait m’accompagner dans mon périple. J’envoie quelques sms et deux répondront favorables. Bien sûr, l’incontournable trio : JB, Momo et moi-même! C’est fou comme la pêche nous réunit toujours. Les jours passent et nous voilà arrivés à la date du départ, le 10 septembre.Après un long voyage, nous atterrissons enfin à Vancouver. Nous récupérons notre voiture de location et partons chez mon cousin.  Le soir, nous peaufinons les derniers détails du déroulement sur ces 10 jours et nous munissons de notre carte de pêche sur le net.

Au programme :   un peu de truite et un peu de saumon, des kilomètres à pied, des paysages et surtout notre anglais pourri!

 

SKAGIT RIVER TRAIL : à la recherche de la Bull Trout

Salvelinus Confluentus : Originaire des régions montagneuses du Nord Ouest de l’Amérique du Nord, l’ombre à tête plate apprécie les profondeurs des lacs et rivières à eau froide. La tête et la gueule de ce poisson sont très développés par rapport à d’autres espèces de salmonidés. Cette taille importante font que les anglophones le nomment Bull Trout qui traduit littéralement signifie « Truite Bœuf ».

Le matin de bonheur, nous partons pour une rivière à truites. Nous prenons la direction de Hope, là où ont été tournés les fameux Rambos. Après 1h30, nous voilà arrivés au village et maintenant nous partons vers Princeton, sur l’autoroute 3. Nous devons nous arrêter sur l’aire d’autoroute à Sumallo Grove, où tout va commencer pour 2 jours et demi d’aventure.

Pour survivre à la guerre, il faut devenir la guerre. (Rambo 2)

Après quelques détours, nous pouvons enfin arrêter la voiture et savourer une bonne bière. Nous mettons notre sac sur le dos et rejoignons notre campement perdu dans cette vallée. Nous sommes dans un parc provincial : pas de feux, pas de campements sauvages et suivre les indications des panneaux.

Au départ de la vallée

17000 ours noirs et 27 grizzlis peuplent le parc. Une angoisse qui donne du piment à l’aventure… Notre marche accélérée nous fait arriver plus tôt que prévu. Du coup, on déballe toutes les affaires, montons la tente et partons pour une première reconnaissance. L’excitation est vraiment à son comble. La rivière nous dévoile ses courants, ses trous, ses rochers et surtout son eau claire. Un petit peu perdus, nous ne savons pas par où commencer la partie.. Ici, la fario ne règne pas. La particularité de ce cours d’eau est qu’il est jonché de barrages, plus bas aux Etats Unis, donc il n’y a aucun saumon sur cette partie. Son peuplement piscicole : Bull Trout, Rainbow Trout, Dolly Varden et Cutthroat Trout.

Un prospection s’impose et s’en suit par une sacrée touche! Impossible de la contrôler, elle est dans un grand trou. Je la vois qui commence à descendre le courant et là, il faut courir! La chute est inévitable et la casse aussi… Je finirai trempé! Guillaume et JB auront quelques touches. Il fait quasiment nuit. Je monte un Sandra et scrute le rocher d’en face. Je lance et ramène tout doucement… Bam! Je la ramène et Guillaume parvient à la rattraper : la première Bull Trout! Un poisson formidable!

 

The Bull Trout!

Nous retournons au campement pour savourer un bon repas. La nuit, ponctuée de tous ses bruits, ne nous a pas fait bien dormir…

Le lendemain, nous décidons de descendre cette rivière où nous pêcherons chacun notre tour les plus jolis trous. Nous avons remarqué que les poissons ne se tenaient que  dans les profondeurs. Inutile d’insister sur les courants. Quelques jolis poissons s’enchaineront pour nous tous.

JB complètement heureux! Sa toute première!

Je n’en reviens toujours pas de ce poisson majestueux…

Une invitée surprise : la Cutthroat Trout!

L’Indien et son poisson!

Que de points…

Après quelques kilomètres, nous nous arrêtons et cassons la croûte. Une bonne pause s’impose.  Nous prenons le temps d’admirer le paysage grandiose.

Le beau temps était avec nous.

 

Nous décidons de faire demi tour et repêchons très rapidement en remontant. On arrive sur un poste : un tronc d’arbre jonche la rivière. Le soleil est au zénith. Guillaume me dit:  » il y a deux poissons derrière. » Ils se tenaient à deux mètres l’un de l’autre.  » Tu prends celle de droite et moi celle de gauche » et s’en suivit un joli doublé!

Les deux compères!

Il faut encore se dépêcher avant la nuit. Tout est minuté : mettre les sacs dans les arbres pour éviter la mésaventure d’un ours affamé. Règle n°1 : pas de bouffe autour du campement! Règle n°2 : aller aux toilettes le plus loin possible du campement! Règle n°3 : ne pas prendre l’eau sinon vous restez mouillé pendant 3 jours!

Vendredi matin, nous rangeons notre campement et pêchons en remontant, en direction de la voiture. Difficile de crapahuter avec des sacs aussi lourds. Quelques maladresses ont bien failli être fatales pour nos affaires. La pêche est compliquée : nous n’arrivons pas à trouver la méthode qui convient puisque la morphologie de la rivière a complètement changé. Changement de tactique : nous nous mettrons aux leurres durs de moyenne taille.

Les truites répondront bien présentes. Nous en prendrons beaucoup mais de petite taille. Les plus belles se décrocheront et je parle vraiment de belles truites! Leur puissance et surtout leurs sauts accentuent la difficulté pour les ramener : une véritable mission! Un poisson sur 5. Quelques Bull Trout se sont laissées tenter mais la population est vraiment faible en haut de la rivière.

Rainbow trout

La fatigue est là. Nous ne voulons pas partir mais nous nous rapprochons de la voiture. Ça sent la fin… Une bonne sieste dans la voiture!

 

CHILLIWACK RIVER : à la recherche du Pink…

Onchorynchus Gorbusha: Le saumon rose est plus petit mais aussi le plus abondant des saumons du pacifique. Le Pink Salmon est fréquemment appelé le « bossu »  en raison de sa bosse caractéristique qui se développe chez les mâles quand ils retournent en rivière pour frayer. Sa mâchoire se déforme énormément et ils ne peuvent plus fermer complètement le bouche. Son dos est verdâtre et sa robe est ponctuée de grosses tâches noires alors que les côtés ont des tâches vertes brunâtres et rouge. Les saumons Pink ont une vie très courte d’environ deux année car ils migrent rapidement en eau douce. Ce saumon est présent à proximité des côtes de tout le continent nord américains, de la Californie à l’Alaska.

 Mon cousin a pu se libérer. Nous le rejoignons au Tim Hortons où nous en profiterons pour déguster quelques Tim Bits(des beignets fourrés au gras!) C’est parti pour une pêche au saumon pour quelques jours. Il y a foule : toute la population des alentours s’est ruée au bord de la rivière. Femmes, enfants, grands-parents : toute génération confondue! Du jamais vu pour nous. On se serait cru à l’ouverture de truites de vogue, sans nageoires… Le spot est vraiment déterminant. Nous voilà parti pour trouver Le lieu.

Après une bonne heure de marche, nous quittons la foule. La rivière se sépare en plusieurs bras. Ici, les poissons peuvent se reposer à l’abri des regards. Nous en voyons par milliers. Ils nous frappent les pieds en remontant. C’est complètement hallucinant. Mais la frustration est là : pas une touche! Ou un mais pris par la nageoire… Ça ne compte pas!

En peaufinant la technique(profondeur, leurre, vitesse) et avec un peu de chance(humeur du poisson), nous pourrons déclencher les touches par agressivité. Et d’un moment à l’autre, tout peut s’arrêter. Nous aurons eu la chance de prendre de jolis fishes sur plusieurs spots.

Enfin, nous trouvons la clef de la réussite…

Une sacrée bosse pour ce mâle

 

STAMP RIVER : à la recherche du Coho

Oncorhynchus kisutch : Présent du bassin de la Californie jusqu’en Alaska. Les jeunes passent 2 à 3 ans dans la rivière et retournent pour 18 mois dans l’océan. Vers l’âge de 3 ou 4 ans, ils entament leur remontée. C’est un poisson très agile et très actif pendant celle-ci. Le mâle aborde une coloration rouge sur les flancs, un dos vert et un bec prononcé avec des dents. La femelle évolue moins spectaculairement que le mâle.

Arrivés à Port Alberny sur l’île de Vancouver, direction notre camping. Nous déballons le 4×4 et montons notre camp de fortune. Notre place était réservée : des amis de David nous attendaient. Ce soir-là, c’était la fête! Parler anglais, raconter nos histoires de pêche, montrer nos photos.. On ne se comprenait pas tout le temps mais l’ambiance était là : chaleureuse! Ils nous expliquaient qu’ils étaient là depuis une semaine et que l’activité était réduite. Il a fait chaud cet été sur l’île.

Ambiance

Le lendemain et le surlendemain : des trombes d’eau! Un seul poisson pris à 4! Ils avaient raison : rien, rien, rien… Nous avons bien essayé de chercher la Stellhead Trout mais en vain… Les poissons étaient passés la semaine avant et tous les autres étaient à l’embouchure, prêts à remonter. Parfois, on passe à côté, c’est le jeu! Du coup, nous profitons de notre seul jour de beau temps pour nous balader et découvrir cette majestueuse rivière. Nous aurons pu admirer beaucoup d’ours de très près qui savouraient les saumons mourants. Un spectacle de la nature! Nous observerons également quelques pygargues a tête blanche.

Un seul et unique COHO

 

Ours noir

Ici règne une atmosphère de plénitude…

Nous montons plus haut pour aller voir la Stamp River Fall : une grosse chute d’eau d’un dénivelé de 9m par laquelle les poissons remontent. Ils étaient cantonnés par milliers sous la cascade. Cette énergie et cette puissance déployées pour se reproduire sont impressionnantes. De temps en temps, quelques gros poissons venaient s’écraser contre les rochers et recommençaient tout de suite derrière. Le gouvernement a mis en place une passe à poissons pour qu’un plus grand nombre de géniteurs remonte. Cette rivière est très poissonneuse mais est alevinée quand même, comme bon nombre de rivières en Colombie Britannique.

La puissance

 

RETOUR SUR VANCOUVER : à la recherche du King

Oncorhynchus tshawytscha : Appelé bien souvent Saumon Royal ou Chinook, c’est le plus grand des saumons et peut atteindre 1m50 pour plus de 60kg. Il peut passer de 1 à 8 ans en océan avant de remonter vers les sources de sa rivière natale pour frayer.  Son habitat s’étend de la baie de Monterey en Californie du Nord jusqu’au détroit de Bering en Alaska. qu’il ne migre vers la mer. Dans la mer sa couleur devient bleu acier sur le dos et la tête, identifié par des taches noires sur la nageoire caudale et les gencives noires à la base des dents, la bouche est foncée. Dès qu’il nage dans l’eau douce, il ajuste sa consommation de nourriture et sa couleur devient rouge-violet, les mâles développent un nez crochu proéminent (bécard).

David nous avait réservé une petite surprise: par le biais de son travail, il avait prévu une sortie dans l’océan avec guide pour une pêche à la traîne. Ici, tout change : nous avons quitté nos cèdres et Douglas géants pour des immeubles, maisons et voiliers… Quel contraste! Mais tout ceci est bien reposant..

Nous mettrons les lignes à quelques kilomètres de Vancouver. Notre guide mettra 3 lignes : une à 20, une à 30 et une à 40 pieds. Au bout de 3h, La touche! Guillaume prend la canne et le combat commence avec un gros chinook : « Je n’en pouvais plus, mon bras se tétanisait! Il tremblait tellement… Je n’en reviens toujours pas de ce poisson et de cette émotion! Un formidable poisson! »

Le soir venu, nous avons fêté ça dignement!

Big Chinook

Un grand merci à David pour cette surprise!

Infos sur le voyage

Ce voyage a été totalement organisé par nos soins et avec la collaboration de mon cousin qui habite là-bas. Le budget, vol inclus au départ de Genève, s’élève à 1600€. On a dormi toujours sous tente, avec peu de moyens. La météo est plus que changeante : il faut prévoir de bonnes affaires de pluie. Pour le matériel de pêche, nous avons emmené nos cannes de voyage, beaucoup plus faciles à transporter et surtout pas de supplément à l’aéroport. Une canne de 20/50g pour le saumon suffit et pour la pêche de la truite, le matériel de chez nous. En ce qui concerne les leurres, là-bas, il y a de très jolis magasins mais peu évolués. Ils sont plutôt basés cuillers donc vos leurres seront les bienvenus surtout pour les truites. Le leurre souple est à privilégié car ce sont des rivières sauvages avec beaucoup de branches d’arbres. Pour les appareils photos, pensez à acheter un produit pour éviter les perles d’eau sur l’objectif car il y a un fort taux d’humidité. Sacs étanches obligatoires(on y pensera pour le prochain voyage!) Munissez vous de bombes à ours car il y a toujours un risque. Et dans vos sacs, toujours une trousse de secours, la nature est imprévisible! Préférez la nourriture sèche et prévoyez  des cordes pour hisser vos sacs dans les arbres(Pour rappel : règle n°1). Pensez à un petit savon pour la vaisselle pour éviter que les ours sentent la nourriture. Et pour finir, munissez vous de cartes IGN! Je pense avoir fait le tour des recommandations!

Comme on dit jamais 2 sans 3, on repartira mais pas tout de suite…

@+ pour de nouvelles aventures

 

écrit par Nokill69

Habitant de la région Rhône-Alpes, je suis un passionné de Dame fario. Je la traque aussi bien en plaine qu'en montagne et pratique la pêche aux leurres ou au toc. En bref, plus qu'une passion voire une addiction, je vis "pêche".

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7 réponses à "Pêche en Colombie Britannique : nous revoilà!"

  1. Yolande says:

    Beaux paysages belles photos belle vidéo beaux poissons et beau trio
    Ça fait rêver.
    Merci à toi de nous faire voyager par ta passion

    Répondre
  2. Luc Petit says:

    Super reportage, un entier dépaysement. Je partage

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  3. Cécile says:

    Coucou, A+++ pour la vidéo pêchement bien montée ! Merci pour les photos du petit frère (dont on attend toujours le retour en image !!). Bises.

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  4. jb says:

    je veut y retourner non d un chien!!!!!!!

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  5. david says:

    Pas mal ton histoire…

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  6. lulu et Marie No says:

    nous apprécions de voir votre bonheur et de partager ces instants de pêche avec ces beaux paysages

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  7. Gui says:

    wow le pied! Super récit les gars!

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