Bilan d’une saison truite à venir

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La pêche de la truite vient de fermer sur la plupart des cours de 1ère catégorie de France. Une fermeture réussie se devrait d’être comme un point qui conclue la dernière phrase d’une saison à plusieurs paragraphes. En ce qui me concerne je n’ai que des points de suspension à proposer, puisque je n’ai eu ni le temps, ni la motivation pour trouver une conclusion à cette saison en eaux vives. Mais c’est d’autant plus l’occasion de regarder en arrière, pour mieux comprendre ce parfum d’inachevé…

De mi-Mars à mi-Septembre, soit la moitié d’une année, tel est le temps donné aux amateurs de dame fario et des eaux vives pour capitaliser un maximum de sensations et d’expériences. Autant de souvenirs qui ressurgiront durant les jours les plus courts mais aussi les plus longs de la saison hivernale, à la fois sous forme de regrets mais aussi de projets.

Que retiendront-ils de leur saison tous ces passionnés de mouchetée et de zébrée ? Qu’espèreront-ils pour la saison à venir ?

Tout d’abord il y a ceux qui espèreront cette saison obtenir suffisamment de technique et de connaissance des lieux de pêches pour simplement « faire du poisson ».

Il y a ceux qui souhaiteront simplement que leur rivière ne subisse plus les outrages des pollutions…

Mais pour tous les autres qui ont la technique, un biotope relativement sain, et une connaissance des spots suffisante pour s’assurer avec peu de surprise tel ou tel résultat, quel(s) rêve(s) poursuivront-ils ?

Quel est LE Poisson ou combien de poissons suffiront pour combler et rendre heureux ces pêcheurs ? Pendant combien de temps ? Et de quelle(s) façon(s) ? Il faut évidemment ajouter à l’équation, le cadre, c’est à dire les paysages, les personnes présentes ( ou pas ), les évènements annexes…

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Je n’ai même pas réalisé un quart des projets que j’aurais aimé réaliser durant cette saison… Toutes les bonnes découvertes de l’an dernier que j’étais sensé refaire cette année, tous ces coins prometteurs conseillés par un copain ou simplement repérés sur une vue satellite, ils sont restés au fond de ma musette… Il y a également toutes ces invitations auxquelles je n’ai pu répondre. Certains ont la chance d’avoir plus de temps libre de d’autres mais c’est peut-être aussi parce qu’ils font le choix, et les sacrifices qui vont avec, de consacrer davantage de temps à leur passion… Il y a tant de poissons, tant de lieux à découvrir et si peu de temps, que notre seule liberté demeure dans nos choix.

Ceux-ci sont parfois longuement médités, ou parfois totalement impulsifs.

Ce qui détermine la réussite d’un choix, qu’il soit réfléchis ou improvisé c’est avant tout notre capacité à l’assumer

Quand j’ai décidé de répondre favorablement à l’invitation de Mickael, au mois de Février pour une ouverture anticipée dans l’un de ses coins, je n’étais évidemment pas préparé. Espoir de grosses truites sur grosse rivière à gros débit, levé à 3h du matin  pour plusieurs heures de routes pour finalement faire capot. C’est un choix qu’il faut assumer ! Mais ça n’est pourtant que lorsque l’on sort de sa « zone de confort » que se produisent les véritables rencontres qui font les meilleurs souvenirs. Ce jour là, j’ai rencontré Mickael, l’un de ses coins de pêche et ses truites.

Ici on "pêche la truite"

Ici on « pêche la truite »

La preuve !

La preuve !

On est loin, très loin de la foire à la truite qui aura lieu 3 ou 4 semaines plus tard dans toute la France

On est loin, très loin de la foire à la truite qui aura lieu 3 ou 4 semaines plus tard dans toute la France

Quelques semaines plus tard. C’est donc sur une rivière plus proche de chez moi que je fais l’ouverture officielle. Les retrouvailles avec les gestes, les lancers précis ( ou pas ) sur les postes que l’on retrouve, les bons passages avec ses leurres fétiches ou de nouvelles recrues. Les efforts répétés d’un week-end seront récompensés par plusieurs beaux poissons.

L'une des superbes fario de l'ouverture de Mars 2012

L’une des superbes fario de l’ouverture de Mars 2012

Mais l’ouverture officielle est aussi un moment de pression fort car les longs jours d’hiver sans pêche ont créé une attente démesurée, où chacun espère tirer son épingle d’un jeu où il n’y a rarement de place pour les rêves de tout le monde.

Cette ouverture là, ressemble trop à une compétition de foire où les véritables rencontres sont rares. Pour ma part, si je dois être en compétition, c’est plus tard dans la saison et avec moi même.

Il y a eu le plaisir d’emmener quelques camarades sur mes meilleurs coins pour tenter de leur faire prendre une grosse fario. Et oui, à force de prendre plusieurs gros poissons soi-même, on ne se rend plus toujours bien compte que la taille compte pour les autres !

L'ami "Nico" s'est fait plaisir le jour de ses 30 ans avec des farios autour des 50cm

L’ami « Nico » s’est fait plaisir le jour de ses 30 ans avec des farios autour des 50cm

C'est à 18h26 que Romain relache cette 50+ qu'il aura recherché et attendu toute la journée

C’est à 18h26 que Romain relache cette 50+ qu’il aura recherché et attendu toute la journée

Quelques autres sorties ici où là, seul ou accompagné m’apportent quelques poissons par ci, par là, avec plus ou moins de joie et de surprise.

Une truite sympa sur un parcours que j'aime pratiquer en début de saison

Une truite sympa sur un parcours que j’aime pratiquer en début de saison

Perché sur un rocher après m'être décroché, je regarde quelques instants la rivière

Perché sur un rocher après m’être décroché, je regarde quelques instants la rivière

Quelques minutes plus tard, un ou deux courants plus bas je touche ce superbe poisson

Quelques minutes plus tard, un ou deux courants plus bas je touche ce superbe poisson

Mais les moments les plus forts que j’ai passé cette année sur la rivière, c’était seul. Deux coups du soir particulièrement mémorables sur un parcours bien rodé. Le jeudi 5 avril, je me suis pris une grosse claque ! Ce soir là, il y a de la vie sur la rivière et ça me saute aux yeux et au coeur, comme dans ces instants où l’on a l’impression d’être le témoin privilégié de quelque chose de grandiose. Des vairons par centaine en tête de courant,qui dans un ballet hypnotique sortent de l’eau pour gober les moucherons. Des grosses farios en activité à peu près sur chaque poste, que je fais suivre ou taper rageusement dans mon leurre sans parvenir à les ferrer.

Ce soir là c’est un grand spectacle de vie qui me transporte. Mais dans la nature ce genre d’explosion de vie va souvent de paire avec le fascinant drame de la mort.

Sur une tête de courant, dans 10 centimètres d’eau, une très grosse truite se livre à une chasse bruyante et pleine d’éclaboussures. Celà dure quelques secondes et je la vois repartir avec un chevesne de 15cm en travers de la gueule. J’aime ces instants rarissimes où notre intellect n’a plus aucune prise sur le monde qui l’entoure et la nature nous donne la possibilité, et même nous force à prendre conscience que l’on fait partie de quelque chose de puissant qui nous dépasse, au delà des notions relatives de bien ou de mal… Un peu comme une sorte de méditation forcée qui fait voler les barrières de votre intellect en éclat.

Dans ces instants, évidemment il est très difficile de pêcher, quand une partie de vous même est transportée dans un abîme cosmologique, l’autre semble néanmoins poursuivre les gestes de façon plus ou moins mécanique, comme un pantin guidé par je ne sais quel marionnettiste.

Et malgré tous ces poissons en activité, j’ai bien failli finir capot ! Pourtant quelques courants plus loin, une truite furieuse est venue poursuivre quasiment jusque dans mes pieds mon leurre pour finalement s’en emparer. Sa robe est somptueuse et c’est certainement mon plus beau poisson à ce jour, hors critères de tailles ou de poids.

Certains poissons vous laissent un souvenir impérissable car ils sont le fruit d'une savante alchimie orchestrée par la Nature...

Certains poissons vous laissent un souvenir impérissable car ils sont le fruit d’une savante alchimie orchestrée par la Nature…

Quelques semaines plus tard, à l’occasion d’un autre coup du soir la boucle est bouclée puisque sur le même poste où j’ai vu ce gros poisson chasser dans si peu d’eau. Je me prends une grosse touche sur son poste. Ce poisson m’a donné du fil à retordre avec plusieurs sauts et un long moment au milieu du courant, à 30 cm sous la surface sans bouger… Probablement que cette truite dépassait la ridicule barre psychologique des 60cm… Toujours est-il que je n’ai pas pensé à sortir le mètre. Ce genre d’épilogue ne se mesure pas…

Ma plus grosse truite... Un poisson observé en chasse plusieurs jours auparavant.

Ma plus grosse truite… Un poisson observé en chasse plusieurs jours auparavant.

Oubliez le mec derrière qui ne sourit même pas et qui se cache derrière ses lunettes... C'est le poisson qui compte !

Oubliez le mec derrière qui ne sourit même pas et qui se cache derrière ses lunettes… C’est le poisson qui compte !

Après ces instants mémorables, c’est pourtant avec une certaine lassitude que j’ai finalement tourné le dos à ces gros poissons. Lassitude de la convoitise ( même légitime ) générée par ces belles prises à répétition… Lassitude que ces beaux poissons deviennent une course à la performance, à la recordite… Lassitude d’avoir eu l’impression de devenir malgré moi un « specimen hunter »…

Alors, une fois réveillés, je me suis orienté vers les petits ruisseaux.

Les eaux granitiques d'un ruisseau du Morvan

Les eaux granitiques d’un ruisseau du Morvan

La Seine en pays calcaire Chatillonnais

La Seine en pays calcaire Chatillonnais

Respectivement peuplés par des truites aux dimensions beaucoup plus communes mais pourtant dotées d’un riche potentiel en émotion halieutique.

Petit lingo du Morvan pris à l'ultra léger

Petit lingo du Morvan pris à l’ultra léger

Une "Belle" truite du Morvan

Une « Belle » truite du Morvan

Jolie truite de souche du bassin de la Seine

Jolie truite de souche du bassin de la Seine

On est dans une autre dimension avec des poissons aux dimensions autres et pourtant ce sont ces ruisseaux que je n’ai pas assez pratiqué cette année à l’ultra-léger et qui me manquent déjà…

Je repense à une autre sortie truite de cette année, bien atypique cette fois-ci ! Je suis avec l’ami Jonathan sur le parcours no-kill de ma ville et nous sommes partis pour tenter de faire du chevesne à vue, de la petit perche ou ce genre de truc sur cette rivière polluée. Nous nous sommes rapidement rendus compte qu’il y a eu un alevinage de truites surdensitaires quelques semaines auparavant. J’ai habituellement horreur de la foire générée par ce genre de pratiques :

des truites portions qui finissent rapidement dans un sac plastique pour rentabiliser par la panse l’achat d’une carte de pêche.

Mais cette fois-ci nous sommes seuls et entre les chevesnes et petites perches nous nous sommes pris au jeu de vacciner un maximum de poissons, avec l’espoir dérisoire qu’il aient une chance de devenir gros car après tout nous sommes sur un parcours no-kill, sans réelle souche de fario sauvages concurente. Nous osons donc éventuellement croire un peu à cette éventualité… 15 jours plus tard j’ai croisé un mec avec un sac rempli à craqué me disant qu’il a fait un carton de truites… Dommage c’était une belle tentative !

Truite de rue, faisant la manche sous un pont pour survivre

Truite de rue, faisant la manche sous un pont pour survivre

Il y a eu ensuite mon séjour d’une semaine dans les Hautes-Alpes.

Être coupé du monde, sans téléphone pendant une semaine est pour moi déjà un grand luxe. Devoir marcher plusieurs heures avec des sacs lourds donne également une autre valeur aux poissons que vous capturez.

C’est notamment le cas des saumons de fontaine, tellement faciles à capturer mais dont l’accès est parfois si éprouvant qu’il justifie la débauche de captures effectuées.

( Il y avait d’ailleurs un plaidoyer très intéressant à ce sujet dans le magazine « Salmo » n°48 de cet été. )

Ceci est un H.L.M à Saumons de fontaine. Il est facile d'y enchainer une vingtaine de poissons. Encore faut il avoir grimpé jusqu'ici !

Ceci est un H.L.M à Saumons de fontaine. Il est facile d’y enchainer une vingtaine de poissons. Encore faut il avoir grimpé jusqu’ici !

"Salvelinus Fontinalis" est d'une grande beauté. A lui seul, il peut-être une motivation suffisante pour vous faire gravir les sommets !

« Salvelinus Fontinalis » est d’une grande beauté. A lui seul, il peut-être une motivation suffisante pour vous faire gravir les sommets !

Ce jour là, sur ce ruisseau,au bout de 50 ou 60 poissons, j’ai commencé à concevoir que le fait d’être blasé par trop de poissons pouvait arriver.

On poursuit alors par la recherche des plus beaux, ou des plus gros puis le plaisir s’obtient dans la façon elle même de prendre le poisson. J’aurais adoré avoir une canne à mouche ce jour-là…

Toujours dans les Alpes, il y a également eu l’exploration d’un petit ruisseau sympa où j’ai expérimenté pour la première fois, la pêche à l’ultra-léger avec une sauterelle sur une petite tête plombée. J’ai alors rangé ma fierté de leurriste mal placée pour empaler sur l’hameçon, sans trop de scrupules, ces pauvres petites sauterelles.

Micro ruisseau des Alpes pour maxi plaisir

Micro ruisseau des Alpes pour maxi plaisir

Sans sauterelle dandinée devant sa cache, je n'aurais pas capturé cette belle noiraude

Sans sauterelle dandinée devant sa cache, je n’aurais pas capturé cette belle noiraude

Fait notable, j’ai également pêcher au toc cette année dans les Alpes… Et vous savez quoi ? J’ai aimé ça !

Enfin, même si ça n’était pas en France, comment ne pas parler de mon séjour d’une semaine en Écosse à la recherche du saumon atlantique… Le pays où même les grosses truites farios n’intéressent pas vraiment les locaux… Seuls les salmonidés migrateurs semblent être particulièrement recherchés.

Pourtant elles sont loin d'être moche les "grosses brunes" Écossaises !

Pourtant elles sont loin d’être moche les « grosses brunes » Écossaises !

Une truite de mer au bout de 3 lancers seulement

Une truite de mer au bout de 3 lancers seulement

Pêcher le saumon aura été riche en enseignement. Je parlais de compétition avec soi même et la pêche du saumon c’est exactement ça : une sorte de marathon de la pêche tant physique que mental où il ne faut rien lâcher et y croire jusqu’au dernier lancer. Ce fut le cas pour moi.

J’ai pris mon seul et unique saumon au bout du 5ème jour, 20 minutes avant que la rivière ne soient en crue et donc impêchable jusqu’à la fin du séjour.

Bien que le combat soit violent et dure un certain temps, la capture d’un poisson aussi fantasmagorique vous laisse un peu l’impression d’avoir rêvé…

Le meilleur moyen pour prolonger un rêve est de le relacher

Le meilleur moyen pour prolonger un rêve est de le relacher

Au final, pas mal d’aventures durant cette saison qui je pense, combleraient plus d’un pêcheur. Et si cette saison me laisse un goût d’inachevé c’est certainement parce que plus l’on avance dans sa passion, et plus l’on est susceptible d’ouvrir le champ des possibles alors que paradoxalement la fenêtre du temps libre, elle, semble se refermer… Il y a des choix à faire. Ces choix ou non choix il faudra les assumer…

Et vous quels seront vos choix ?

écrit par Jérôme

Passionné d'eaux vives et de salmonidés, j'aime particulièrement pêcher les ruisseaux à l'ultra-léger. De temps à autres je recherche les carnassiers, du bord, en lac ou petite rivière...

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Une réponse à "Bilan d’une saison truite à venir"

  1. nokill69 says:

    Salut Jérôme! Tout simplement magnifique! Ce qui compte c’est prendre beaucoup de plaisir dès qu’on le peut , seul ou à plusieurs. Encore merci pour ces belles photos! Un très grand bonheur t’attend..@+

    Répondre

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