Aux sources du Petit Buëch…

Aux sources du Petit Buëch…

Après une préparation minutieuse de nos sacs à dos(duvets, nourriture), munis de nos cannes(toc, leurres et mouche) nous voilà enfin partis à destination de Rabou, un petit village paisible des Hautes-Alpes, pour un trekking pêche de 2 jours.

En compagnie de JB et Guillaume, nous laissons la voiture à Rabou et descendons par le chemin qui se trouve derrière la mairie et mène au petit Buëch. Après une petite demi heure, nous voilà arrivés au bord de la rivière : le trek peut commencer.

Les tout premiers pas

Nous quittons le chemin pour nous enfoncer dans la vallée. A partir de cet instant, nous marchons les pieds dans l’eau en remontant la rivière.

Nous commencerons notre pêche au toc et sûrement à cause de la chaleur, les poissons restent bien planqués et ne raffolent pas de nos vers de terre.

Au départ des gorges

Le profil de la vallée est assez encaissé à ce niveau. A la première zone de plat sans risque d’éboulis, nous décidons d’établir notre premier campement pour le dimanche soir après 1h30 de marche. Nous posons toutes nos affaires, déplions nos sacs de couchage et repartons munis de la canne à mouche. Nous pouvons apercevoir quelques jolis gobages, signes d’une grande activité. Nous essayons de les pêcher mais impossible d’en ferrer une. Il faut dire que nous n’avons jamais pêcher en sèche auparavant mais c’était une bonne partie de rigolade : une fois dans les branches et une fois un nœud!!

Nous rentrons au campement juste à la tombée de la nuit pour un bon repas du randonneur : pâtes, cuisses de poulet, saucisson, sans oublier cacahuètes et apéro(avec modération…)

La nuit fut longue, très longue… Notre campement était beaucoup trop près de la rivière. Le bruit incessant de l’eau ne nous a pas bercés, bien au contraire. Et puis ce fameux hêtre qui nous a lâché ses faines toute la nuit….

Du coup, on décolle vers les 6h du mat’. Cette fois-ci, nous sortons la canne aux leurres. De grands trous avec de jolis plats nous révèleront quelques poissons.

Une eau laiteuse

 

La toute première

Depuis hier, la rivière est toujours laiteuse et il est difficile d’observer les poissons en poste. Ici, la rivière se resserre de plus en plus et nous sommes obligés d’escalader les rochers pour continuer le trek. Avec des sacs à dos de plus de 10kg sur le dos, l’équilibre est vite perdu mais tout s’est bien passé.

Un petit air de Rocheuses

La nature règne en maître et nous profitons d’un petit climat méditerranéen et de la forte odeur des lavandes.

ça sent bon!!

JB pêche depuis une demie heure et ferre un très joli poisson dans cette grande vasque. Malheureusement, au bout de quelques cabrioles, il se décroche.

Là, c’était profond!

 

Il est l’heure de déjeuner : 12h30 passé. Un « bon » plat de pâtes natures et une petite sieste d’une heure nous permettent de  souffler un peu. Nous prenons le temps d’admirer les montagnes sans aucun bruit. La faune et la flore sont très présentes. Tout véhicule est interdit dans les chemins de la vallée, à l’exception de celui de l’ONF.

C’était comme ça tout du long

Nous repartons. La vallée s’élargit mais la rivière ne donne plus rien. Après bien 500m, nous arrivons sur un ruisseau complètement détruit par une coulée de boue. Ceci explique peut-être l’absence de touche. Nous supposons que la population a été décimée.

Le ruisseau détruit

A partir d’ici, la vallée s’ouvre vraiment à nous et le petit Buëch devient clair. Nous pouvons alors admirer une belle population de poissons.  La discrétion reste de rigueur. Les lancers de longue distance doivent être précis sinon c’est la fuite. Les poissons se succèdent les uns après les autres. Là, on peut parler de pêche avec un grand P!

Nous sommes obligés de pêcher très vite et surtout les plus beaux postes : il nous reste encore du chemin à faire. Il commence à faire très chaud et les réserves d’eau sont épuisées. Notre pêche devient de moins en moins agréable : fatigue et soif se font ressentir. Nous partons à la recherche d’une source. Après 1h30 de quête, nous réussirons à trouver une véritable oasis : une belle résurgence qui sort de la montagne. L’eau est plus que fraîche. Nous pouvons enfin nous réhydrater et en profitons pour remplir toutes les gourdes.

Prendre toujours l’eau au plus près de sa sortie

Nous voilà remotivés et pouvons à nouveau affronter le soleil.

Les poissons sont hyperactifs : à peine le leurre tombé à l’eau, ils mordent.  Les fins de radiers livreront leurs plus beaux spécimens.

Nous arrêtons notre pêche et décidons d’établir le deuxième campement. Cette nuit-là sera beaucoup plus agréable : nous avons pu nous écarter enfin de ce lit de rivière.

Au petit réveil…

Le lendemain après un bon café qui nous réchauffe, Guillaume me dit :  » Vas pêcher à la mouche : ça gobe! » En effet, mais au premier trou, c’est la fuite : tout le monde se planque sous les pierres.  J’avance de deux mètres, fouette et pose ma soie. Là, je vois la truite monter et prendre.. J’attends et ferre.. « JB! Momo! j’en ai une! »

Ce serait à refaire, je n’y arriverais plus!

Du coup, nous remontons au campement et mangeons tranquillement. Puis, nous partons en direction du village abandonné : Chaudun.

Le débit s’affaiblit mais de jolis postes nous offrent quelques belles truites. Depuis notre départ, la rivière reste calme sans grosses cascades et le dénivelé y est très faible. Nous touchons presqu’au but. Il n’y a quasi plus d’eau…

Deux heures plus tard, nous voilà enfin arrivés à Chaudun à 1300m d’altitude.

Le village comptait 160 habitants en 1790, 127 en 1882. Chaudun vivait quasiment en autarcie. Le vallon au-dessus du village était propice à quelques cultures et surtout au pâturage du bétail, mais Chaudun pâtissait de son isolement et de l’extrême difficulté des communications. On raconte qu’une jeune fille du village, envoyée chercher un médecin en hiver pour sa grand-mère, mourut en route. Une plaque commémorative est visible au bord du chemin du col de Gleize.

Découragés par la difficulté de vivre en ce lieu inhospitalier, les habitants de Chaudun offrirent à l’État de lui vendre leurs terres. La vente eut lieu en 1895 pour une somme de 186000 francs-or. Une fois l’acte conclu, tous les habitants durent quitter le village, plusieurs émigrèrent, et le territoire de la commune vide d’habitants fut annexé à celui de Gap, qui lui était contigu au sud-est. L’église était encore debout dans les années 1930.(source Wikipédia)

Un des vestiges de Chaudun

 

Un des derniers habitants

Un bout de chapelle

Nous prenons le temps de contempler les derniers vestiges. Il règne ici une atmosphère empreinte de plénitude. On peut se replonger dans la vie d’autrefois et s’imaginer la rigueur de l’hiver…

Nous croisons quelques promeneurs descendus du col de Gleize.

Nous finissons notre trek en partant de Chaudun par le sentier des Bans à destination de Rabou : un très joli chemin qui surplombe la rivière dans laquelle nous avons pêché pendant 2 jours.

 

Vertigineux, non?

ça fait peur! Attention à la chute!

Rabou en vue!

La boucle est bouclée! Après 19km, nous rentrons enfin avec le beau temps et avec la promesse de revenir…

 

Quelques conseils avisés :

Allez-y mais ne partez pas tout seul,

Aimez la nature,

Repartez avec vos déchets,

Renseignez vous sur la météo,

Préférez la fin de saison,

Prévoyez de bonnes chaussures,

Les feux sont interdits à certaines saisons et le réseau ne passe pas.

@+ pour de nouvelles aventures…..

 

 

 

 

 

 

 

écrit par Nokill69

Habitant de la région Rhône-Alpes, je suis un passionné de Dame fario. Je la traque aussi bien en plaine qu'en montagne et pratique la pêche aux leurres ou au toc. En bref, plus qu'une passion voire une addiction, je vis "pêche".

Articles similaires :

3 réponses à "Aux sources du Petit Buëch…"

  1. Vicking38 says:

    bravo et quel bel endroit pour pêcher entre potes

    Répondre
  2. PSK90 says:

    Super session dans des endroits magiques!!!
    Merci du partage.
    A+ PsK

    Répondre
  3. Fishing-Everywhere says:

    Très sympa ! Ça donne envie.

    Répondre

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

© Copyright - Naturellement Pêche

Naturellement-Peche.info, le magazine de pêche en ligne 100% naturel, écrit par des pêcheurs pour les pêcheurs

Sitemap