Le Zen et la Pêche

Le Zen et la Pêche

Vers une approche Zen dans l’art de la pêche à la ligne.

( Inspiré par la lecture du Zen dans l’Art Chevaleresque du Tir à l’Arc d’Eugène Herrigel. )

Il est fréquent de présenter son penchant pour la pêche comme un échappatoire naturel au tumulte du monde dans lequel nous vivons. Quelle soit pratiquée en ville ou à la campagne, nous affirmons notre passion pour la pêche comme un refuge parfois exclusif, sur lequel on peut compter pour se déconnecter et se ressourcer.

Pourtant la plupart des pêcheurs que je connais ( moi y compris ) sont loin d’être des modèles de tranquillité. Qu’il soit en compétition ou en « simple sortie », en ville ou au fin fond de la campagne, il y a toujours quelque chose qui tourmente le pêcheur. Quand je le vois ( et que je me revois ) j’assiste d’avantage à la danse de saint guy d’un être torturé, qu’à l’image sereine et apaisée que l’esprit populaire se fait de lui. Un pêcheur ne se rend jamais à la pêche : il est déjà à la pêche… Et pendant la pêche, l’apparente finalité de la capture cristallise toujours son mental sur des attentes insatiables. Après la pêche, qu’elle ait été fructueuse ou pas, il ne trouvera pas davantage la paix dans l’excitante exhibition de ses performances, que dans l’analyse de ses échecs.

Cette passion m’a apporté de grandes joies et de grandes fureurs mais elle ne m’a jamais vraiment rendu libre ni heureux.

"Retour de pêche" par Edvard Munch ( 1893 )

« Retour de pêche » par Edvard Munch ( 1893 )

Vous vous dîtes peut être que celà ne vous concerne pas et que vous êtes heureux quand vous êtes à la pêche ? Les drogués ont la même réaction.
Après tout certains se contentent très bien d’onanisme, de baise tarifée ou de PQR (plan cul régulier) alors que d’autres préfèrent essayer de faire l’amour voir même s’initier à l’amour tantrique.

Il y a une multitude de façons de concevoir sa pêche mais plus les années passent et plus j’essaye de vivre ma pêche sans la concevoir d’une quelconque façon.

Loisir, passe-temps, nature, sport, style, technique, matériel, passion, écologie, no-kill, prélèvement raisonnable, partage, philosophie, art… La pêche à la ligne est pour moi suffisamment complexe et simple à la fois pour être le support d’un développement personnel bien plus enrichissant que la simple jouissance de passes éphèmères.

Et si cette passion est une lutte sans fin, j’en ferais donc volontiers mon art martial :

« Un des caractères qui nous frappent le plus dans l’exercice du tir à l’arc, et en fait de tous les arts tels qu’on les étudie au Japon – et probablement dans d’autres pays d’Extrême-Orient – c’est que l’on n’en attend pas des résultats simplement utilitaires ou des jouissances uniquement esthétiques, mais qu’on y voit un moyen de former le mental, et même de le mettre en contact avec la réalité ultime. »

( Daisetz T.Suzuki à propos du  » Zen Dans l’Art Chevaleresque Du Tir À L’Arc  » )

 

Capitaliser sa pêche ?

Les sirènes du progrès technologique

« Si l’on veut vraiment maitriser un art, les connaissances techniques ne suffisent pas. Il faut passer au delà de la technique ( ndlr : et de la technologie ), de telle sorte que cet art devienne « un art sans artifice », qui ait ses racines dans l’Inconscient. »

Le pêcheur moderne dispose désormais d’un soutien matériel toujours plus pointu et technique sensé le rendre plus efficace en action de pêche. La pêche n’échappe malheureusement pas au système économique qui nous « inflige des désirs qui nous affligent » : « Il me faut un moteur plus puissant, un bateau plus grand, un sondeur plus sondant… » Pourtant la technologie en elle même n’a rien de critiquable, c’est son exploitation commerciale qui nous encroûte dans l’illusoire nécessité d’un confort artificiel et nous sacrifie sur l’autel du culte de la performance. J’ai appris à me méfier de tout ce qui parait rentable, facile et performant.

Une caméra pour voir le comportement des poissons : On n'a pas fait mieux depuis Loft Story ! Tellement proche et pourtant tellement loin de la réalité...

Une caméra pour voir le comportement des poissons : On n’a pas fait mieux depuis Loft Story ! Tellement proche et pourtant tellement loin de la réalité…

«Celui qui se facilite les débuts se prépare à des lendemains d’autant plus difficiles.»

Chacun appréciera sa relative dépendance à ses outils de pêche : Cela m’apporte t il plus de bonheur ou cela me rend il juste plus productif ?

Cependant il faut bien évidemment relativiser car il y a des outils réellement utiles, et ça n’est pas un hasard si le Jedi ne se sert uniquement que de la Force et de son sabre laser. Les armures, les jet-pack et les pisto-laser c’est juste bon pour les mercenaires qui manquent de confiance en eux et compensent par un égo surdimensionné… Tout le monde n’a pas la chance de trouver un véritable maître.

 

La technologie vous rendra peut-être trooooooop coooooool le man, mais elle ne vous apportera jamais une plus grande maitrise de votre art ou de vous même.

La technologie vous rendra peut-être trooooooop coooooool le man, mais elle ne vous apportera jamais une plus grande maitrise de votre art ou de vous même.

S’affranchir de la technique

«Pourquoi essayer d’anticiper en pensées ce que seule l’expérience peut enseigner ?»

Где можно в http://adduru.ru каждый из нас помнит из детства поучительную. . Рейтинг топ лучших онлайн казино.vyazanie-foto.ru

Le piège du progrès technologique se ressent directement dans les rayons de votre magasin de pêche favoris par l’embarras du choix qu’il propose et la multitude de techniques qui s’offrent à vous pour capturer un même poisson. Top water, cover breaker, slow retrieve, bottom tapping, do nothing, pitching, down sizing ou big baiting… sont autant de concepts techniques que vous avez appréhendé sur internet, dans les magazines ou directement au bord de l’eau. Vous les avez appliqués avec plus ou moins de succès et ces expériences auront laissé une trace dans le mental de votre capital pattern. À ce sujet j’avais lu un article de plusieurs pages dans une revue de pêche branchée et j’avais alors trouvé ça plutôt intéressant. Mais c’est pendant une période particulièrement difficile de deuil en hiver ( comprenez la période de fermeture ) que j’ai repensé à tous ces poissons patternisés et que je me suis rendu compte qu’il n’y avait aucun intérêt à finir le plus riche du cimetière et que le meilleur moyen de voyager était encore de voyager léger…

Le pattern ( de l’Anglais ) est un schéma mental que vous allez reproduire parce qu’il a fonctionné à un moment donné. Autrement dit c’est autant de filtres mentaux qui vous encombreront au bord de l’eau et vous empêcheront de trouver la sérénité auprès de la réalité ultime. Ca n’est pas parce que l’on accumule les expériences que l’on acquiert l’Expérience.

Ce monsieur a un grand capital pattern

Ce monsieur a un grand capital pattern

L’illusion de contrôle

Depuis toujours, l’homme cherche à s’assurer un contrôle maximal sur le monde qui l’entoure. Il cherche a domestiquer la nature, par des moyens contre nature, afin de s’assurer des lendemains sans surprises sans devoir assumer les difficultés du présent.
Mais si l’on peut apprendre a gérer sa peur de l’inconnu, il est vain de lutter contre ce que l’on ne peut jamais véritablement connaitre ni maitriser. Pourtant quand j’observe la plupart des pêcheurs j’ai vraiment l’impression qu’ils se trompent souvent de combat…

« Le tir à l’arc est en fait une affaire de vie ou de mort dans le sens où c’est un combat entre l’archer et lui-même. »

La capture d'un poisson n'est pas une victoire sur la nature mais sur soi même

La capture d’un poisson n’est pas une victoire sur la nature mais sur soi même

La pêche n’est finalement qu’une histoire de chance apprivoisée mais jamais domestiquée.

Cette chance gouvernée par la nature qui peut faire survivre une antilope face a dix lionnes, apporter un menu royal a une buse en pleine famine hivernale, ou vous faire prendre ( ou perdre ) le seul poisson d’une journée sur un ultime lancer, cette chance ne tient à rien et c’est un fait que chaque pêcheur se doit d’acquiescer.

Chance des uns et malchance des autres ne sont que l’ambivalence d’une même réalité.

La vie et la mort se confondent dans un même mouvement. Dans la nature il n’y a ni vainqueur, ni vaincu, juste le mouvement de ce qui EST. Et la pêche devrait être pratiquée ainsi, non pas comme un faire-valoir/défouloir mais comme un espace d’expression et de maîtrise de soi. Malheureusement comme pour le karaté ou le judo où sous couvert d’art martiaux on trouve surtout de gros bourrins, dans la pêche sous une bien pensante pratique du catch and release on trouve surtout des apprentis dentistes pour poissons qui s’affichent volontiers comme des casseurs de dents…

La compétition ( comprenez l’esprit de compétition à outrance ) dans le monde de la pêche n’intervient pas non plus en faveur d’une vision saine de la nature parce qu’elle entretien un rapport de lutte frontale où l’homme cherche à affirmer sa supériorité et son contrôle sur le milieu aquatique. Les poissons sont conceptualisés, patternisés et rationalisés en de multiples stratégies pour être finalement niés en tant qu’animaux sauvages et réduits à des chiffres et des quotas. Bien que la compétition permette d’oeuvrer parfois au rempoissonnement et mobiliser l’attention autour de notre loisir, les interactions se limitent au petit milieu fermé de la pêche et l’image envoyée au grand public donne surtout l’impression d’un faire valoir où l’on en est encore à mesurer sa bite et compter ses billes entre copains.

"C'est qui le plus fort ?"

« C’est qui le plus fort ? »

Never give up : C’est toute la confusion d’une vision déplacée du combat car s’abandonner ne signifie pas abandonner.
Dans les disciplines Zen la compétition n’existe pas. Il s’agit avant tout de démonstrations, totalement dépourvues d’ego, de la maîtrise de soi à travers une discipline.

Catch (no) more fish : La capture n’est pas une finalité.

 « Vos flèches manquent de portée, fut la remarque du maître , parce que spirituellement vous ne portez pas assez loin. Comportez-vous comme si le but était l’infini.»

N’importe quel pêcheur sait que la pêche ne se résume pas à l’unique instant de la capture du poisson. Cette prise n’arrive ( ou pas ) qu’après tout un travail de préparation : Temps, matériel, repérage(s), approche(s), lancer(s) et action(s) de la ligne… Le combat ne commence pas seulement au moment de la touche et à vrai dire, je crois que pour un pêcheur passionné, la lutte est permanente. Cet instant de la capture ( ou de l’échec ) il va le prolonger encore, le revivre, l’interpréter, le partager et surtout chercher à le reproduire comme son premier orgasme. C’est un cycle, et plus vous serez obsédé par sortir des poissons, toujours plus de poissons et moins vous vous en sortirez. Admettez-le, vous n’en avez jamais assez.

«Le vrai art» dit le maître «est sans but et sans cible.»

La principale erreur que fait le pêcheur c’est de croire que lorsqu’il lance sa ligne, il essaye de pêcher un poisson. Il cherche avec sa canne à pêche un résultat à l’extérieur, alors que c’est en lui-même que la ligne est tendue dans l’attente d’une véritable réalisation.

Nous n’en avons que trop peu conscience mais le poisson, la pêche et tout l’attirail du pêcheur ne sont évidemment que des prétextes, des supports dont on pourrait se passer pour réaliser l’objet de notre unique et véritable motivation : se connaître soi même pour trouver sa place dans le monde par l’accomplissement personnel. Quand vous prenez conscience de ça, vous êtes prêt à vous recentrer et cheminer vers la libération par le principe de vacuité.

Vacuité : État de ce qui est vide.

Pour tenter de comprendre le principe de vacuité tel qu’on peut l’entendre dans la philosophie orientale, ou comment le rien peut conduire au tout, le vide devenir le plein, je vais prendre un exemple facilement assimilable pour nous autres Français occidentaux :

Imaginez un verre de vin ( le verre étant une représentation de votre esprit )

Si ce verre est déjà plein il est difficile de le remplir à nouveau, pire encore ce verre plein risque de s’éventer ou de tourner au vinaigre. Par contre dès que vous le videz, il peut se remplir à nouveau. Imaginez maintenant que vous parvenez à vider votre verre sans vous arrêter, il peut alors se remplir en permanence d’une source de vie omniprésente et intarissable. Félicitations, vous êtes plein ! Vous avez atteint la plénitude et vous baignez, non pas dans votre vomi, mais dans l’ivresse de la réalité ultime.

Vacuité

Vacuité : Ce verre est-il à moitié vide ou à moitié plein. Arrêtez de vous poser des questions à la con et videz le !

Jeune bouddha en plein exercice de vacuité : Pour remplir, il faut vider

Travailler sa vacuité, c’est faire le vide en soi et l’eau à un pouvoir naturel pour vous y aider. Néanmoins il convient de faire taire ses pensées et d’oublier toutes ces choses que vous croyez savoir sur le maniement de votre canne et sur ce poisson en train de s’alimenter à quelques mètres de vous. Si vous y pensez ne serait-ce qu’un instant, si vous vous faites une idée de ce qui peut suivre, c’est fini… Vous poserez peut-être votre mouche au bon endroit et le poisson viendra la gober. Malgré tout, sa capture vous laissera toujours un goût d’inachevé, car le voile de la moindre pensée aura créé un trouble, une distorsion, une complication dans le flux de la Réalité.

« Heureux sont les simples d’esprit car le royaume des cieux leur appartient ! »

La méditation par la Pêche

La méditation a pour but de nous apprendre à laisser faire plutôt que faire par un effacement total de l’ego et une ouverture des sens.  ( Et il suffit de trainer sur les blogs et forums de pêche pour se rendre compte de la résistance de l’ego… ). Seul l’effacement de soi permet de s’ouvrir pleinement au monde qui nous entoure et d’y trouver sa place. Tant de pêcheurs revendiquent une relation privilégiée avec la nature et s’y sentent investi alors qu’ils ne font qu’y projeter leur ego, leurs visions et leurs sentiments. C’est ce que nous faisons tous : projeter notre réalité personnelle, si louable soit elle, sur LA réalité. Mais ne dit on pas que l’enfer est pavé de bonnes intentions ?

Il peut paraitre paradoxale qu’il faille s’effacer pour être présent ou s’abandonner pour réussir, mais nous avons déjà tenté de comprendre que le vide conduisait à la plénitude.

L’homme est bien un roseau pensant, mais ses plus grandes oeuvres se font quand il ne pense ni ne calcule. Il nous faut redevenir  » comme des enfants  » par de longues années d’entraînement à l’art de l’oubli de soi. Quand cet oubli de soi est réalité, l’homme pense et pourtant il ne pense pas; il pense comme les ondées qui tombent du ciel; il pense comme les vagues qui déferlent sur l’océan; il pense comme les étoiles qui illuminent le ciel nocturne; il pense comme le vert feuillage qui bourgeonne dans la paix de la brise vernale. En vérité, il est les ondées, l’océan, les étoiles, le feuillage.
Lorsqu’un homme est parvenu à cet état de développement  » spirituel « , il est un artiste Zen de la vie « . [...]

Dans le cas du tir à l’arc, celui qui lance et celui qui reçoit ne plus deux entités opposées, mais une seule et même réalité. L’archer n’a pas conscience de lui-même comme d’un être occupé à atteindre le centre de la cible devant lui. Et cet état de non-conscience ne s’obtient que lorsque l’archer, parfaitement vidé et débarrassé de son ego, ne fait plus qu’un avec l’amélioration de son habileté technique – bien qu’il y ait dans cette habileté quelque chose d’un ordre tout différent que ne peut donner aucune étude méthodique du tir à l’arc.

Ce quelque chose d’un ordre tout différent est ce qu’on appelle le satori. »
( Daisetz T.Suzuki )

Qu’est-ce que le Chi ?

Elle se nomme Chi en Chine, Qi ou Ki au Japon, Prana en Inde et Force pour Georges Lucas : Il s’agit du concept d’Énergie vitale ou de souffle cosmique universel. Le Chi traverse toute chose et EST toute chose. Par exemple c’est cette énergie qui permet de briser des briques à main nue ou plus utile encore, d’être simplement en bonne santé…

Pêcher dans le Chi fera non seulement de vous un meilleur pêcheur, mais il vous apportera aussi une plus grande compréhension de la Nature et de la vie tout simplement. De nombreux arts peuvent vous permettre de faire l’expérience du Chi : Tai Chi, Qi gong, Aikido, et d’une façon générale la plupart des arts martiaux tels qu’ils sont pratiqués dans la tradition orientale. Le Tai Chi est d’ailleurs plutôt perçu comme une sorte de gymnastique pour bobos par les mécréant occidentaux qui auront tendance à préférer des démonstrations plus actives bien que pas toujours très zen.

"On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux"

« On ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux »

A vrai dire le Chi est une pratique de chaque instant mais le pratiquer par le support d’un art précis permet d’en faire une démonstration éclatante. La pêche à la ligne en est un. Il n’y a pas d’art sans technique, et le pêcheur sait combien la pêche peut-être technique. Mais tous ces gestes compliqués que vous avez appris, les lancers et les animations, il va falloir apprendre à ne plus les faire consciemment mais inconsciemment, dépourvu de toute intention. Dans le Tai Chi on peut mettre des années à apprendre et répéter de façon mécanique les mêmes gestes ( katas ) et puis à force des les répéter vient le moment où l’on finit par les oublier consciemment pour les réaliser dans l’Énergie.

« J’appris à m’absorber avec une si parfaite quiétude dans l’acte respiratoire que j’avais parfois la sensation non pas de respirer moi-même, mais, quelque étrange que celà puisse paraître, d’être respiré. »

Celà arrive tout d’abord par accident parce que les conditions sont réunies, pour le maitriser c’est une autre histoire…Cependant la pêche, peut-être plus que n’importe quel autre art, à ce pouvoir naturel de transformer celui qui la pratique grâce au pouvoir de l’eau qui est similaire à notre esprit et parce qu’un simple fil tendu dans cet élément est une forme de méditation naturelle, qu’on le veuille ou non. Et s’il m’est arrivé parfois d’avoir le curieux sentiment d’être d’avantage pêché que pêcheur c’est surtout grâce à toutes les heures que j’ai passé au bord de l’eau, avec une canne à pêche.

mizu no kokoro : le cœur semblable à l’eau.
« Les formes et les choses se manifestent à celui qui n’est pas attaché à son être propre. Dans ses mouvements, il est comme l’eau ; dans son repos il est comme un miroir, et dans ses réponses, il est comme l’écho.  » Lao Tseu.

mizu no kokoro : le coeur semblable à l'eau

mizu no kokoro : le coeur semblable à l’eau

 

 

 

 

Le fil de la canne à pêche
effleure
le clair de lune.

Chyo-Ni (1703-1775)

écrit par Jérôme

Passionné d'eaux vives et de salmonidés, j'aime particulièrement pêcher les ruisseaux à l'ultra-léger. De temps à autres je recherche les carnassiers, du bord, en lac ou petite rivière...

12 réponses à "Le Zen et la Pêche"

  1. Jojo says:

    Comme toujours très sympas à lire ;) mais parfois je me dit que vous vous torturez quand même bien le cerveau…
    Personnellement quand je parle de ma passion je ne vais pas aussi loin dans cette interprétation.
    On a tous commencé à pêcher pour partager ce loisir avec son papa, son pépère, son frère…etc
    C’ est même mal-heureux de dire ça mais on a tous été fier de ramener un poisson pour le montrer à nos parents car on voulait partager la joie de cette prise car il n’ y avait pas de numérique a cette époque.

    Enfin personnellement je pense que je pêche car j’ aime pêcher et j’ aime les poissons en règle général mais aussi cette liberté que j’ ai quand je suis sur l’ eau quand ce foutu portable est éteint lol

    Bonne continuation Jojo

    Répondre
    • Jérôme says:

      Merci Jojo. Tu as probablement raison quand à la torture de cerveau, ce qui est paradoxale pour un article qui prône le contraire. Mais en vérité, j’avais envie depuis très longtemps de sortir ces choses, et c’est fait, toujours avec maladresse mais avec un grand plaisir. C’est tout ce qui importe pour moi.
      Cet article ne donne justement aucune interprétation, il se veut d’une neutralité absolue pour que chacun suive sa voie, en pleine conscience, au delà des illusions vers une réalité certaine.
      Bonne continuation à toi.

      Répondre
      • Jojo says:

        Merci, je ne dirais pas que tu es maladroit mais que tu a ta manière d’ interpréter les choses :) c’ est propre à chaque personne mais c’ est vrai que bien souvent nos chemins se croisent dans ce texte ;)

        au plaisir Jojo

        Répondre
  2. chamane51 says:

    Encore un bel article ! A la question du disciple « Mais comment sait-on qu’on a une touche ? » le maître répond « la vie est une longue tige de fève, n’est-ce pas ? », vacuité du savoir, épure du geste, concordance des sens dans la rivière conduisent à l’illumination, enfin ! Le poète américain Gary Snyder (ami de Jack Kerouac et de Jim Harrison) qui passa plusieurs années à étudier le zen au japon, traduit par des poèmes courts, à l’écriture drue et directe, cette émotion éblouissante :

    Hors d’atteinte
    assis sur un roc au soleil
    observé le vieux pin
    vague
    sur le fin sable blanc de la rivière
    éblouissant.

    Musique de l’eau courante dans Premier chant du Chaman et autres poèmes.

    Poursuivons le cheminement, sans nous retourner, sans détour, remontons à la source, à contre-courant, en accord avec nous-même, « sur le fin sable blanc de la rivière ».

    Répondre
    • Jérôme says:

      Merci Eric. Il évidemment paradoxale d’aborder ce sujet en le disséquant comme j’ai tenté de le faire, alors qu’un simple haïku ou un kōan aurait été infiniment plus juste. Mais j’avais envie de tourner autour du pot.
      Et puis la parole qui précède le silence participe à son éloquence…

      Répondre
  3. chamane51 says:

    Tout à fait d’accord, j’ajoute
    « Avec ma ligne de soie et mon hameçon délicat,
    Je me promène dans une myriade de petites vagues
    Et je trouve la liberté »
    Li Yu, Le chant du pêcheur

    Répondre
  4. Gilles Monnier says:

    Juste quelques petites lignes pour te dire à quel points je me retrouve dans ce que tu as écris! Tes textes font preuve d’une grande réflexion et de recherche de « soi ». Ton article m’apporte la sérénité et renforce ma conviction que la pêche a un sens spirituel profond qui vas bien au delà des performances halieutiques de premier abords!

    La pêche est un liens avec notre subconscient.

    J’ajouterai que pour moi « Pêcher c’est tendre de toucher la magie de la nature dans son état brut. »

    Répondre
  5. Jojo says:

    Personnellement ce qui m’ intéresserais de lire dans un de vos prochain article… c’ est!
    comment peut on classer le bien est le mal dans la pratique de la pêche?

    sans parler de No kill car tout ce que je vais citer est pratiqué en No kill a l’ heure d’ aujourd’hui ( du moins en majorité avec la nouvelle génération de pêcheur )

    est ce que le pêcheur qui pêche derrière les écluses et dans les réserves et mieux que celui qui pêche pendant la fermeture ou celui qui pêche avec des appâts non réglementé?
    Est ce que celui qui pêche la nuit est vraiment un hors la loi?
    Est ce que le vifeux est nécessairement le viandart au quel il est associé directement?

    c’ est à cause de ce tout de que j’ ai pu entendre ( jugements et discriminations ) que j’ en suis arrivé à me poser ces questions…

    désolé pour ce hors sujet mais si ça peu servir …
    Est ce que parce-que on prône le No Kill que l’ on peu se donner le droit de tout? non évidement je sais bien qu’ ici ce n’ est pas un tribunal ou l’ on juge les faits et gestes de pêcheurs c’ est juste que c’ est quelque chose d’ actualité ;)

    Encore désolé du hors sujet c’ est juste que je savais pas comment en parler hihi

    Bonne soirée.

    Répondre
    • Joss says:

      Salut jojo,
      c’est vrai que ce sujet mériterait d’être abordé, toutefois je vois venir les critiques qui y feront suite déjà d’ici… on va clairement nous reprocher la subjectivité de celui-ci.

      Il n’y a pas de bons ni de mauvais pêcheurs, car bons ou mauvais par rapport à qui ? à quoi ? Tout est affaire de comparaison et de jugement.

      Je te juge ? tu me juges ? Cela n’engage que celui qui porte le jugement et non le jugé car son jugement est issu d’un raisonnement entièrement subjectif. Je juge la réglementation française qui régie notre passion complètement archaïque et pourtant cela n’est que le résultat de mon jugement et ne sera pas celui de mon voisin.

      Je crois que dans la pêche comme dans toutes les choses de la vie on se doit surtout d’être en accord avec ses idées et avec soi même, c’est bien là, la chose principale.

      On peut continuer de se juger, celà ne fera pas avancer les choses, ce n’est pas ce qui amènera fondamentalement un changement, un mieux, un progrès… Au contraire, ceux qui amènent le changement sont ceux qui ont essayé de comprendre les autres et non les juger.

      L’avis des autres n’a vraiment de valeur que si on lui porte du crédit, la pêche comme la vie en général est un grand saladier de fruits dans lequel on ne savoure que ce que l’on aime. ;)

      @Jérôme: Moi ce qui me plait dans cet article, c’est avant tout le contexte dans lequel tu l’as écris. Je me doute que tu ne pensais pas pratiquer un jour l’auto-thérapie en parlant du Zen pendant l’une des périodes les plus stressante de ta vie. ;)

      Répondre
      • Jojo says:

        tout est dit ;)

        @+ jojo

        Répondre
        • Joss says:

          J’ai peut être bien fais de signer ma réponse avec un autre alias alors, cela démontre bien qu’il ne faut pas faire une affaire personnelle de tout ça mais voir bien plus au delà ;)

          Je suis content que tu viennes partager tes avis constructifs et tes réflexions avec nous, ici, sur ce blog… de pêche !

          Joss

          Répondre

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

© Copyright - Naturellement Pêche

Naturellement-Peche.info, le magazine de pêche en ligne 100% naturel, écrit par des pêcheurs pour les pêcheurs

Sitemap