Et si on allait aux morilles?

Et si on allait aux morilles?

Aujourd’hui, je ne parlerai pas de pêche… Je tenais à vous faire partager mon autre passion en espérant vous donner quelques tuyaux si vous voulez vous lancer dans cette aventure!

On va dire que c’est un virus que mon père m’a transmis depuis tout petit : la cueillette des champignons. Au départ, c’était assez simple : des mousserons dans un vieux champs à vaches. Au fil des années, cèpes, chanterelles, trompettes et pour finir les fameuses morilles ont fait leur apparition dans mon panier.

Chaque année, à l’arrivée du printemps, une excitation me reprend. On peut parler de chasse aux morilles. C’est un vrai champignon de canaille, si mystérieux et difficile à trouver. Elle fait partie des champignons les plus populaires. Sa qualité gustative et sa relative rareté en font un champignon d’exception. Suivant les régions, elle est à la portée de celui qui se donne la peine d’aller le chercher.

Un beau panier de toutes les couleurs!

Comment reconnaître les morilles?

Les morilles se reconnaissent aisément. Il est en revanche difficile de faire la distinction entre certaines espèces. Cette confusion est sans conséquence puisqu’elles sont toutes comestibles après une cuisson au minimum de 15 minutes. Certes, la conique et la blonde restent faciles à distinguer. Beaucoup de personnes croient ramasser de « vraies » morilles mais il s’agit souvent de Verpes de Bohème et de  morillons (proches de la Morchella) qui sont tout aussi bons!

La Morille

De belles noires

Verpes de Bohème

Le Morillon

Les morilles sont des champignons relativement petits entre 5 et 10cm. Mais des exceptions surgissent en fin de saison avec des spécimens dépassant largement les 20cm (généralement des grosses blondes).

Le pied est blanchâtre, relativement épais à sa base, et totalement creux. Le chapeau, lui aussi creux, est rattaché au pied, de forme variable suivant les espèces, parfois rond, ovale ou conique. Il présente des alvéoles creuses en forme de nids d’abeilles et son aspect général ressemble à une éponge. La couleur varie également : noire, grise, blonde,…

On peut différencier morilles et morillons grâce au pied qui n’est pas rattaché au chapeau par le bas.

Quand et où les rencontrer?

Il faut mettre toutes les chances de son côté pour espérer trouver ces dames. On peut en trouver comme ça au détour d’un chemin mais il en faut un peu plus pour en faire sécher. Au fil des années, j’ai appris à reconnaitre des signes qui ne trompent pas. La floraison des forsythias est le premier signe ainsi que la venue des jonquilles, généralement début mars voire mi mars suivant les années. A partir de ce moment là, je commence à prendre mon panier.

En début de saison, les meilleurs coins sont les haies exposées plein sud. Je privilégie aussi les lisières de bois.

Il faut attendre début avril pour les grosses poussées, généralement lors de gros chocs thermiques : frais la nuit et chaud le jour. Ça concorde toujours avec la floraison des cerisiers et des pissenlits. Les bourgeons des arbres sont bien gonflés : là, vous êtes en plein dedans!

Des bourgeons d’érable gonflés

Début de floraison des pissenlits (en arrière plan, jaunes)

La présence d’orchidées est de bonne augure!

A partir de ce moment, la cueillette durera une quinzaine de jours. Il faudra aller les chercher en forêt ou sur les versants nord (la saison sera finie versant sud à cause de la chaleur). Après, il faudra monter en altitude pour retrouver les mêmes conditions. Vous pourrez en trouver jusqu’à 2000m d’altitude début juin.

Un bon souvenir : j’étais à la montagne début mai. Il restait encore quelques congères, la neige venait juste de fondre. On y était allé comme ça, juste pour voir et là… un véritable tapis de morilles!! Nous ne pouvions même pas poser un pied complet à terre! Je ne vous raconte même pas le sourire! Le panier s’est rempli à une vitesse folle sur 20m²… Que du bonheur et des bons plats en perspective!

Miam! Des Verpes de Bohèmes

Elles aiment les terrains calcaires, frais et humides (par exemple : au bord d’un étang, d’un ruisseau, à côté d’une mouille en forêt…) Elles poussent en symbiose avec certains arbres: le peuplier, le noisetier, le hêtre et le frêne donnent pas mal. Regardez bien sous les groseilliers sauvages. Un peu de lierre au pied de ces arbres et vous trouverez un facteur indispensable aux bonnes conditions de développement de la morille.

La morille noire affectionne plus les forêts de sapins et de mélèzes. Il n’est pas rare d’en trouver un bon rond juste sous l’aplomb des branches, là où l’eau  s’écoule. Il ne faut pas trop de mousse au pied. Elle aime quand même les sols dégagés. Surtout, n’allez pas chercher sous les genêts, à côté de la bruyère, c’est beaucoup trop acide pour elle ( elle a horreur de ça!).

Elles peuvent également pousser là où on s’y attend le moins : au bord des routes, limite sur le goudron… Une fois, à côté d’un ancien feu, j’en ai trouvé une bonne quinzaine et des patates! Je n’y croyais pas, je pensais que c’était un mythe. J’en ai également trouvé une en plein milieu de Lyon sous un platane! Une découverte vraiment insolite! Il n’est pas rare d’en trouver vers les décharges mais je déconseille vivement leur cueillette. Elles aiment la terre retournée, brassée, là où la neige a fondu, où les mulots creusent des galeries et à côté des taupinières: ça vaut le coup d’aller voir!

En principe, recherchez toujours une place où tous ces facteurs peuvent être réunis. Il faut vraiment y croire. Pour les voir, c’est une autre mission. Il ne faut pas avoir peur de jouer les warriors sous les ronces. Une fois la première repérée, ne bougez plus et tournez la tête : ses copines sont dans le coin!

Attention où vous mettez les pieds…

Attention : ne pas les confondre avec la Gyromitre!

La confusion peut être faite surtout sur les petits champignons. Pourtant, si l’on regarde bien, le chapeau n’est pas alvéolé mais plutôt fripé, de couleur rousse ou rouille voire rouge foncé. Si vous avez un doute ne ramassez pas! En effet, la Gyromitre est très toxique et mortelle.

Gyromitre des Hautes Alpes(1500m)

Quelques petites choses à savoir :

Après une bonne cueillette, soit vous pouvez les manger simplement dans une omelette ou alors avec une bonne entrecôte dans une sauce à la crème fraîche, … Il y  a mille et une façon de la cuisiner. Son parfum ravira vos papilles!

Si vous en avez un peu trop, vous pouvez les faire sécher. Pour cela, prévoyez une chasière à fromages bien ventilée, disposée au dessus d’une source de chaleur et retournez les souvent. N’oubliez pas de couper les plus grosses qui peuvent cacher de belles limaces. Dès qu’elles sont bien sèches, mettez les dans des bocaux.

Vous pouvez également les congeler mais elles perdront de leur saveur.

N’oubliez pas que lors de la cueillette, vous n’êtes jamais seul… Habillez vous en conséquence (vêtements fluo interdits) et sachez rester discret.

Ramassez les avec délicatesse : c’est un champignon fragile. Et surtout : évitez les sacs plastiques! Mieux vaut un panier avec un peu d’herbe au fond pour amortir  les chocs. Veillez à ne pas labourer le coin : les futures poussées en dépendront.

N’hésitez pas à montrer votre récolte à des personnes avisées si un doute subsiste.

Allez, la saison 2014 va bientôt commencer : les forsythias commencent à fleurir! Affûtez l’opinel, vérifiez le panier, c’est parti…

@+ pour de nouvelles aventures…

écrit par Nokill69

Habitant de la région Rhône-Alpes, je suis un passionné de Dame fario. Je la traque aussi bien en plaine qu'en montagne et pratique la pêche aux leurres ou au toc. En bref, plus qu'une passion voire une addiction, je vis "pêche".

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4 réponses à "Et si on allait aux morilles?"

  1. Franck says:

    Merci pour cette belle explication. Ca donne envie d y aller tout de suite.
    Franck

    Répondre
    • nokill69 says:

      Si la chaleur continue, tu pourras y aller tout de suite car la saison va commencer en avance. Après, ça dépend où tu habites… Je sais que dans la région lyonnaise les bords du Rhône ont commencé à donner leurs premières!

      Répondre
  2. Vincent says:

    Moi aussi très très passionné par la truite fario que je pêche depuis 30ans et les champignons est aussi une très grande passion

    Répondre
    • nokill69 says:

      Généralement les pêcheurs de truites ont toujours tendance à trouver des morilles car ça nous amène là où elles poussent. Tu peux sûrement en trouver le jour de l’ouverture… @+

      Répondre

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